hamlet

‹Être ou pas, être, la question est là.
Est-il plus noble pour l’esprit de souffrir les coups et les flèches d’une indigne fortune,
Ou de prendre les armes contre un mur de tourments, et, en l’affrontant, y mettre fin ?›


de William Shakespeare
du 1er au 16 décembre 2017
Attention horaires exceptionnels en alternance avec ‹La Nuit des rois ou ce qu'on voudra›
1, 6, 12, 14, 15, 16 décembre à 19h
& 2, 10 décembre à 17h
& 8 décembre à 20h

Mise en scène & traduction Eric Devanthéry
Scénographie Elissa Bier
Lumière Philippe Maeder
Costumes Valentine Savary
Maquillage & perruques Katrine Zingg
Avec Rachel Gordy, Margot van Hove
Adrian Filip, Jonas Lambelet, Michel Lavoie, Xavier Loira, Arnaud Mathey, José Ponce, Florian Sapey, Bartek Sozanski

‹Un fantôme (le spectre du père) apprend à Hamlet qu’il a été assassiné par son oncle Claudius pendant une sieste au jardin.
Ma mission, dit Hamlet, est donc de réparer (remettre en place) ce monde désarticulé. Il maudit cette mission, mais il n’y peut rien. Si son père n’avait pas été assassiné, il vivrait toujours avec sa mère et il pourrait, lui Hamlet, entretenir peut-être l’espoir de devenir Roi. A présent, les choses ont changé, elles sont devenues comme folles.
Mais Hamlet est toujours destiné à hériter. Bien qu’il n’ait pas pris part lui-même au désajustement, il s’en sent responsable. Parviendra-t-il à s’affranchir de cela ? On sait depuis quatre siècles que non !

Ce qui m’intéresse, c’est que l’Histoire – même si elle demeure avant tout celle des puissants – n’est pas écrite par les vainqueurs, mais par les perdants.

Alors oui le personnage de Hamlet nous est furieusement contemporain. Car à sa question "The time is out of joint; O curs’d spite, That ever I was born to set it right ?" répondent nos grandes interrogations : comment (r)établir un ordre qui reposerait sur une plus grande justice sociale ?
Notre XXIe siècle à peine entamé débouchera-t-il sur l’apparition d’un monde meilleur (qu’on supposait encore au tournant du siècle) ou nous laissera-t-il dans ce désarroi dans lequel nous évoluons aujourd’hui
Comment faire pour changer la course du monde. Par où commencer ?
Quel héritage gardons-nous des pères et quel héritage laisserons-nous à nos enfants ?

Hamlet se trouve très exactement sur cette faille-là. Il pose ces questions-là. Il se tient au seuil d’un monde et d’un ordre nouveau qui n’est pas encore arrivé, et qu’il ne sait pas comment faire advenir.
Il est dos au mur. Il est le produit d’un monde et d’un ordre ancien qu’il réfute, dans lequel il ne se reconnaît pas mais dont il n’a pas moyen d’infléchir le cours en acte. Car si Hamlet n’agit pas, c’est d’abord faute de mettre ses pensées en pratique, mais c’est – surtout – parce que toutes les solutions qui se dessinent ne le sont que par défaut, connotées négativement.

Quand Shakespeare écrit Hamlet, il place l’action (cet entre-temps) entre le Moyen-Age et la Renaissance.
Hamlet père est un guerrier qui réclame vengeance en invoquant la vieille loi du talion. Ses semblables sont Fortinbras père et Fortinbras fils – qui lui, au contraire de Hamlet, sera le bon fils de son père.
Il finira par maintenir l’ordre ancien tout à la fin alors que Hamlet fils échouera à prendre la place du père.›

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